Une bourse CIFRE étudiant l’impact du narcotrafic sur l’espace public

Publié le 3 juillet 2026

Devant les impacts de plus en plus lourds du narcotrafic sur l’espace public, le conseil municipal du 29 juin 2026 a décidé de cofinancer une bourse de thèse dans le cadre d’une bourse CIFRE qui associe la Ville, le-la doctorant-e et l’École doctorale Sciences de l’Homme, du Politique et du Territoire (ED SHPT) de l’Université Grenoble Alpes.

Dans un contexte de préoccupations croissantes exprimées tant par les habitant-es du quartier Berriat–Saint-Bruno que par la Ville de Grenoble en matière de tranquillité publique, d’appropriation de l’espace public et de qualité du cadre de vie, ce projet de thèse vise à renforcer les capacités d’analyse et de compréhension de la collectivité afin d’éclairer l’action publique locale.

Cette initiative s’appuyant sur une démarche scientifique va mesurer les multiples impacts du narcotrafic sur les acteurs du quartier, afin de mettre en place les réponses publiques les plus appropriées au lieu de s’en tenir aux réponses les plus simplistes proposées par les oppositions de droite, qui considèrent qu’une telle étude ne sert à rien…

L’hypothèse centrale de cette recherche est que le narcotrafic contribue à la production d’inégalités socio-spatiales en introduisant des contraintes différenciées dans l’accès, l’occupation et l’appropriation de l’espace public. Pour certains habitant-es ou commerçant-es, cela peut se traduire par des stratégies d’évitement, des modifications de trajectoire, voire une forme de retrait progressif de certains lieux. Dans un contexte où la forte présence masculine liée aux activités de deal et la sur-représentation des forces de l’ordre participent à produire un sentiment d’intranquillité, il sera question d’identifier comment cette configuration impacte de manière différenciée les actrices et acteurs du quartier et fait du confort urbain une ressource inégalement distribuée, restreignant pour certains la possibilité d’un usage légitime et serein de l’espace public.

Ainsi, cette thèse, dont le sujet est « Entre narcotrafic et tranquillité publique, Berriat–Saint-Bruno à Grenoble. Des transformations de l’espace public aux enjeux d’action sociale urbaine », visera à analyser la manière dont les dynamiques de narcotrafic participent à la transformation des usages et des représentations de l’espace public dans le quartier Berriat-Saint-Bruno. Dans l’optique, à terme, du réaménagement de la place, elle s’appuiera sur une approche de géographie sociale attentive aux processus de stigmatisation territoriale, aux rapports sociaux qui structurent l’appropriation de l’espace public et à la multidimensionnalité d’inconfort qui en résulte. La recherche combinera observation de terrain, entretiens semi-directifs et outils de cartographie sensible afin d’appréhender les effets matériels, symboliques et perceptifs de ces dynamiques, dans le but de produire une recherche originale et théoriquement fondée, tout en contribuant à éclairer l’action publique par des résultats qui alimenteront les référentiels opérationnels.

Cette thèse cherchera également à identifier ces leviers d’action et à proposer des outils de lecture et d’intervention qui permettent d’améliorer la qualité de vie dans un quartier marqué par une identité clivante, à la croisée de l’informel, de la stigmatisation et de la diversité sociale. L’apport aux études nécessaires au futur réaménagement de la place sera essentiel dans la manière de penser le projet. L’objectif sera de produire des connaissances qui dépassent la seule analyse académique, en articulant compréhension des pratiques, diagnostics territoriaux et recommandations concrètes pour la politique locale de tranquillité publique, en s’inspirant d’initiatives existantes en matière de réduction des risques urbains.

Le suivi du projet de thèse sera assuré par le-la directeur-trice de thèse, la Cheffe de projet Sécurité de la Direction Prévention et Gestion des Risques

La demande CIFRE est approuvée par l’ANRT (Association Nationale de Recherche Technologie). Le laboratoire assurera la responsabilité scientifique et la Ville sera l’employeur des doctorant-es. Ce partenariat fera l’objet d’un Contrat de Collaboration de recherche. En effet, s’agissant d’un dispositif spécifique, l’ANRT impose l’établissement d’un contrat de travail à durée déterminée de droit privé sur la base des articles D 1242-3 et D 1242-6 du Code du Travail, pour une durée de 3 ans, à temps complet et avec une rémunération annuelle brute qui ne peut être inférieure à 27 600€ au 1er janvier 2026, à laquelle s’ajoutent les cotisations salariales et patronales, les éventuels frais de déplacements. Pour chacun de ces contrats, la Ville bénéficie d’un financement partiel par le versement d’une subvention de la part de l’Association Nationale Recherche Technologie (ANRT) de 14 000€ par an pendant la durée du conventionnement, conditionnée à certaines obligations de transmission (rapports d’activité, rapports d’évaluations, attestations) et sur présentation du service fait conforme.

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